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Full text of "Memoire, servant de réponse au dernier factum des freres Pinson, & Danneau ,. Pour le superieur general de la Congregation de France"

^* 



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MEMOIRE- 

SERVANT de reponfe au dernier Faclum des Frères Pinfon ^ 
Ôc Danneau. 

POV R le Supérieur General de la Congrégation de France. 

C'Fft en vain que les Trcrcs Danncau & Pinfon, par le nouveau 
Factum qu'ils ont fait mettre fous la prefle, eflayent de fe fauver 
dans la conrufion , en multipliant les queilions. De quelque co\kc qu'ils 
fe tournent , de quelque biais qu'ils s'y prennent, elles le reduiient d'el- 
les- me l me :s à deux 

La première, de droit fi fa Majcflé en confirmant le ftatut de non ac- 
çcp tandis &c. par (es Lettres patentes de l'an 1679 ev fa Sainteté en l'au- 
torifant par l'on dernier Bref, ont fait quelque chofe hors de leur pou- 
voir & de contraire aux constitutions canoniques 

La féconde de fait, fi fa Majellé par fa dernière déclaration de i6$6. 
a révoqué les Lettres patentes de 1979 

A l'égard de la queftion de droit elle a efté amplement traitée au 
procez , on y a fait voir que les Curez loin d'eftre de droit divin irré- 
vocables , n'citoicnt pendant les huit premiers ficelés que de fimples 
millionnaires; & que ce n'eft qu'au huitième iiecle , que le nom de Bé- 
néfice a commencé d'eftre connu, 5c les titres à s'établir; mais que les 
réguliers malgré rétabliifemcnt de ces titres, tout titulaires qu'ils font 
d'aucuns, font demeurez fournis a leurs Supérieurs qui ont toujours eu 
la faculté de les révoquer & de les rappeller auCloiilre quand ils l'ont 
jugé à propos, d'où il fuit que fa Majellé par fes Lettres, &fa Sainteté 
par fon Bref n'ayant fait que rétablir l'ancienne difcipline, de laquelle 
on ne s'efioit écarté que depuis quelque temps, & par relâchement , ils 
n'ont en c^Ia ricnfaitde contraire aux difpofitions canoniques, ou qui 
foit hors leur pouvoir ; cela eft prouvé par les difpofitions precifes des 
Chapitres cum ad monajlerium , de la Clémentine auia régulâtes , parla 
Bulle de Benoift XII. & par tant d'autres autoritez, que cela ne peut 
élire révoqué en doute & fi les inutiles répétitions, les autoritez des 
Conciles tronquées ou mal appliquées à Icfpccc prefente, que l'on lit au 
Fattum defdits Frères Pinfon & Danneau, ont beloin de quelque nou- 
veau contredit, files (aintes ConiHtutions , fi les Pères de l'Eslife. fi 
les anciens auteurs citez par le Supérieur General de la Congrégation de 
France ont befoin du fecours des modernes: il cil une diifertation, 
fur la qualité des Bénéfices réguliers de l'ordre de laine Auguilin allez 
récente, puifque l'auteur en ell encore vivant, C'eft le fameux Canoniltc 
M. Pinlon, ce zélé dcfcnlcur des droits du Roy (quand toutestois fo 

A 




intercft ou ccluy des Tiens n'en fouffre pas) quienefti'auteur.Ily foûtient 
tout ce que le Supérieur General de la Congrégation de France a mis en 
fait par fa Requefte d'intervention, il y explique les mefmes autoritez de 
la mefme manière} enfin il y convient que l'établilTement des titres de 
Bénéfice font de droit nouveau, de droit pofitif, & rien n'eft plus oppo- 
fé à la fuppofition qu'on a faite qu'ils fullent de droit divin irrévoca- 
bles, pour pouvoir attaquer le pouvoir du faint Siège & du Roy. Com- 
ment après cela ce Docteur peut- il avoir le front de prendre la plume 
pour établir une doctrine fi contraire à les propres connoiflances , on 
a mis l'original de ce Traité écrit de fa main entre les mains de Mon- 
fleurie Rapporteur. En voicy la copie, que l'on employé pour cou- 
crédit à la première &c plus ample pattie de fon nouveau Fa&um qui 
concerne la queftion de droit, 

Traité de l'origine des Bénéfices ; de leurs titres &'manuditi 

far Monjieur ç l y mfon. 

Il eft certain que les titres des Bénéfices eftoient inconnus dans la naif. 
fance de l'Egale, & que dans le commencement cen'eltoient quedefim- 
pies adminitkations aiTignées dans les Egliies à des Lecteurs, des Sou- 
diacres, Diacres &. Preitres, & à un chacun félon la dignité & les pré- 
rogatives de Ion ordre. 

Cet ufage eft expliqué dans le Canon, neminem tiré du Concile de 
Calcédoine en U dillmclion 70. du Décret de Gratian. Neminem abfiktè 
ordinari Presbyterum , vel Diaconum , Vtl tjuemlibet in Ecclefiaftica ordin^ 
tione confiitutum , nifî manifeste in Ecclefia aVttatts vel pagi, autmmarty- 
rio, dut in Monafterio , <pi ordinatur mereamr ordinattonk Vocabulum. 

Car les Emendateurs Romains en cet endroit expliquans ces termes,' 
mereamr public* ordinationis njocabulum , en font 1 application a la for, 
mule qui fe lit dans l'ordre Romain, pour l'Ordination des Clercs par 
la voye d'élection à quelque exercice, & quelque fonction Ecclenalhouc 
dans l'Eglife en ces termes ; de Titulo,S. Stepbani eligtmus Petrttm ad U- 
éîorem ad eumdem titulum. 

Aufli M c Charles du Moulin dans la connoilTance uniyerfelle qu'il 
avoir de la nature du titre des Bénéfices, a établi pour règle, Que les ti- 
tres des Bénéfices font du droit nouveau & pofitif, & que dans leur 
origine ce n'eftoit que de /impies adminiftrarions. 

Ceft en fon commentaire fur la règle de Chancelerie de infimis, ni 
283, où il dit que Tirait beneficiorum junt de jure noVo & pofitivo quoi 
in originaii jua natura, (3f juh primitiva Ecclefia, non erant , jura nec titul't 
proprii babentibus\ fedjuxta iilud <4pofioli Corintb.^. Sic nos œjlimet homo 
ut mimflres Chrifli ftj dtfpenfatores mimfieriorum Dei. Erant fimplices admu 
niflrdtiones <]uœ etiam fœpe invitis obtrudebantur. il s'en eft encore expliqué 
en fa note fur le Sommaire du chap. cum inter x8. de eletl. ffi elcélt po- 
teflate, Et cum Ecclefiarum regimina non erant tituli, rrec bénéficia fedfimz 



3 

plices adminiftrationes fecundum injlitutionem Chrijîi , Math. 10, Marciio. 
LucœiL. fp formant dpofîolicam uQorimb. cap. 4. Petp cap. 5. ut in primi- 
tiva Ecclefta. 

Que fi cette forme efloit établie dans toute l'Eglife, elle cftoit enco- 
re bien plus obfervee à legard des Religieux, comme les Chanoines 
Réguliers de laint Auguflin , lcfquels à caufe de leurs vecux de pauvreté 
& d'obédience ne fe pouvoienc dire titulaires des granges & domaines 
où il eitoient envoyez par I ordre des Supérieurs pour le régime & ad- 
rniniitration,à la charge de pouvoir être rappeliez à la volonté des Su- 
périeurs. 

Et pour cette raifon les lieux où ilsétoient envoyez, étoient appeliez 
des obédiences, obtdientU, & ceux qui y étoient envoyez obedientiaires, 
obt aient laru i & par abus ayant pris le nom de Bénéfices, on les appelloic 
bénéfices manuels parce qu'ils paifent de main en main par l'autorité des 
Supérieurs. 

Cclt ain/î que M e Charles Loyfeau a expliqué la nature des Prieurez 
lîmples dependans des Abjjayes au L 5. dejes offices chap. C. n. \6 qu'il 
dit avoir clic des métairies & domaines, pour l'adminiitration defqucls 
l'on y envoyoit un Religieux quelquefois avec un compagnon , &pour 
vaquer au Service on y bâultoit des Eglifes; de la potlcmondefquelles il 
du que les Religieux fatisfaitsfe iont ibultraits de l'obcïiTance des Su- 
périeurs par des concernons Apoitohques. Les moyens qu'ils en ont pris 
ont efté particulièrement de s'en faire pourvoir en Cour de Rome,pré- 
tendans que par là ils n'en pouvoient citre tirez que par la rnefme au- 
torité ; quoy que le Pape Innocent III. ait décidé dans deux chapitres 
de Droit -Canon qui font les chap. Porrecla de confirmât, utdi vel inu- 
tilt qu'il ne prétendoit pas les rendre perpétuels contre leur nature par 
fa. conceflîon. 

Telle eft a uni la difpoiition du Concile gênerai de Vienne tenu en 
France en la Clémentine , quia regulares au- §, prœmiffd , de fuppl. ^eglig. 
Trœlat. Et encore celle du dernier Concile General qui clt celuy de Tren- 
te en la Sejfi z$. de Regularibus au chap. u. ou parlant des Prieurez Cu-* 
res avec charges d'ames , il dit nec ibi aliqui , etiam ad nutum amovibiles 
deputentur mfi de concejju & pravio examine Epifcoporum. 

Il femble néanmoins félon nôtre ufage que du moment que les Reli- 
gieux en font pourvus en titre par le Pape, qu'ils demeurent perpétuels 3 
ielon la note de M* Charles du Moulin fur la Clémentine, quia regula- 
ris au §. premiffa furlemot du texte libère poffunt ad ctauftrum reVocari % 
dejuppl. neg, prœlat. Car voicy comme il s'en explique en cet endroit. 
Nifià Vapa fuerint provift } fecundum Philip. Dectum cap. cum accej/ijjent 
w. 10, de conflit» ubi dixi> fed quod alias revocari non pofjint [me causa ra- 
tionabtli'y tenet Innoc cap. infinuante , qui clerici, Vel noVentes t fed quod bu- 
jujmodi manuatia non dtcantur bénéficia afientit loann. StaphiUus de UttJ 
gratiœ fiirmaq : quœjl. z8. Philip p. Decius cap. ex parte 11. col. 1. de ref- 
criptis. 



4 

Et encofc fur le Cornent, de Decius fur le chap. cum acceffijjent âccon- 

fiitut. aux deerctaks n. 10. fur la Lettre E , fur ces mots , # ideo Mo- • 
nachus qui habuit prioratum à Papa removeri non pote ft, ou il ajoute. Âm~ 
tliiis etiam fi eft Ptioratus non conventuahs y fed revocabtlis ad nutum pet 
Juperiorem juxta clementïnam , ne in agro de Jèatu fofonach, (§7* Clément. quia 
regulàres $. penult. defup. neg. prœlat. ReVocabilis tamen ex causa, demum 
rdtionabiti , juxta Innoc. captte infinuante, qui clericiVelnoVentes, perhann, 
Andtdtam @" Geminianum in cap. cum fingul. de prœb. infexto, hmito l. m 
pocedât'âHmmodojitpro\>ifm a Papa ex cenâ fcientiâ donec vixerit 3 utperj?a- 
normit.in cap. cum inter col. i. de Eleèlionib. cap. ad noflram in fine de con- 
firm. unit , toi tnutili. Limita x. ut procédât in non unitis y feàf?er fe ftantibus m 
in décret. Qement. Qma régulât, [cens fi ex fundaùone , concejfione t "velunio- 
nefitnt de menfa ad -onas deputandi yicarium tempor aient Vf/ ad nutum de 
conjenfu forfan tpifcopi reVocabilem , quia prœvemio ft) proVifio Papœ non 
impedit qmn ad nutum ut prias revocari pojjlt ut pridie de faèlo confitht 
jpro rfhbatfflj ffi M ornai. S. Ânj'itï Carnntem. Dïœeefis. 

Mais quoy qu'il en foit il demeure toujours confiant que lors que 
les Religieux font envoyez dans les Prieurez, mcfme Cures par les Su* 
perieurs > qu'ils (ont révocables & amovibles, ad nutum, puis qu'il n'y a 
que l'autorité du Pape qui les rende perpétuels. Quoy qu'il fcmble que 
M c Charles du Moulin dans le lieu fus allégué ne veuille pas mefme que 
le Pape les puiffe rendre perpétuels par Ces provifionSjS'il ne s'en eft ex* 
pliqué plus expreiîément, 

C'eft ainfi qu'un auteur plus moderne, & qui a écrit depuis M Char^ 
les du Moulin, Boctms Epo. s'en eft expliqué en un traité qur a fait 
de Ycgdibw \>el jure principium in Bencficus n 2.S7. où parlant des abus 
tles Komipetes il dit, inter quos omnium foediffimus vtdetur ijle, quo Mo» 
nachi quidam contra fiœ profejfiows quodammodonaturam ypnoratm illos qui 
<vulgo y Vf/ obediemtXy Vci obeiienttales , Vel manuales nominantur eo quoi 
ex Abbate cm debetur obtduntta manu jeu nutu pende at y eos quandocun- 
que Voluerit reVocare, tamen m perpetuum, id eft ad Vttam ufque fitam ca-, 
nantur impetrare jo'.i Jalicet Romano l J ontifici obsdientiam debtturi , quoi eo- 
quidem fœdius quo <vet ferpit lonçius Vel adobimendos alienorum qttoque Mo- 
nafterwrum prtoratus Afonachos interdum nonnuQos animât effrontés propter 
exemplum cap. cum fin gui a §. prohibimus de prœb. 1.6. non œque memores 
graVtJsîmœ fanèltonis in cap. porreBa de confirm, utih Vel inutilt, (jauni nos 
Vf/ fœditaten , Vei tiliherahtatem de faélo confulti diligent er propojmmHS alUi 
£mdam. 

Voyez ce que j'en ay écrit dans le traité des Bénéfices fur lemotwi: 
îit'u ch. 4, §. 19. pag. 63, & fur le mot ad Vttam concéder}, pag. 15)7.; 



s 

SECONDE QVESTlON 

Si la déclaration de /6S6. révoque les Lettres patentes 

de \67p. 

Quant à cette queftion , l'on pourroit fe difpcnfer d'y répondre , 
Sa Majcftc & ceux de Ton Gonfeil qui y ont eu part , fçavcnt quelle 
a cfté ioi\ intention. Mais parce qu'il importe de faire connoiltre le 
peu de jufteife des raifonnemens équivoques & captieux dcfdits Da- 
neau & Pinfonfur ces Lettres & fur cette déclaration ■> l'on montre- 
ra en peu de mots qu'ayant des objets tout differens, l'une ne peut dé- 
truire ce qui elt ordonne par l'autre, 

Pour cela, cvavantque de répondre a leurs argumens, il faut con- 
venir des faits & de l'ellat auquel citoient conllament les chofes avant 
ces Lettres patentes, & cette déclaration. 

Il cil conltantqu'cn 167^. cv long temps auparavant, il y avoitdans 
l'Ordre defaint Au pu 11 in deux fortes de Cures. 

Les unes poflcdéts en titres, qui avoient ôcqui ont encore toutes 
les conditions, qui font un bénéfice titulaire. 

Les autres unies à des Chapitres dudit Ordre, qui les faifoient 
deffervirpardes Chanoines de leurs Corps , fimples Commiffionnaircs. 

A l'égard des premières, le Roy voulant rétablir l'ancienne difei- 
pline de l'Ordre, authorifée par les Canons , a ordonné par (es Lettres 
patentes de 1679. quetousles Chanoines de la Congrégation de France, 
qui poffederoient de ces titres de Cures régulières en pourroient cftrc ré- 
voquez par leur Supérieur gênerai. 

On ne peut pas dire que fa Majefté , dans cette difpofîtion, ait 
compris des Cures unies à des Chapitres, & qui eQ oient des fimples 
commi fiions, & cela auroit cité inutile. 

Mais à l'égard de ces Cures unies , le Roy a donné en 1CÎ6. une décla- 
ration générale pour toutes les Cures fecuiieresc\: régulières unies à des 
Communautez ; par laquelle il veut qml y foitinilitué des Vicaircsper- 
petuels& titulaires au heu des Vicaires a gage 6c des Commifhonnaires 
qu'onymettoit, 

D'où l'on void, que comme les Lettres patentes de 1679 ne regardent 
point les Cures unie^ &c les fimples Commiflions, aulli la déclaration 
de l6$6 } ne touche point aux Cures qui eiloient & qui font encore en 
titre , comme font celles que pofledoient les Frères Daneau & Pin- 
fon, ai prefqucs toutes les autres pofTcdécs par des Chanoines Régu- 
liers de la Congrégation, lefquclles font toujours demeurées en titres; 
quoy queles titulaires , s'ils font Chanoines Réguliers de la Congréga- 
tion, (oient personnellement révocables. 

Ainfi bien loin que ces deux déclarations ayent quelque ehofe d'op- 
pofé, qu'au contraire elles conviennent toutes deux en ce que celle de 
iù%6. rétablit des titres de Cures, où il n y en avoir point, cv celle de 

B 



c 
1679. fuppofc des titres fubfiftans, & les conferve enleur entier 

On ne peut pas donc dire raifonnablement que l'interprétation que 
le Supérieur gênerai a demandée & l'exception à la déclaration de ic%6. 
qui a efté prononcée par l'Arreft du 2,. Juillet fuivant puifle avoir 
rien de commun avec les Lcttes patentes de 1679. 

Car fi le Supérieur gênerai voyant qu'il y avoitplufieurs Cures unies 
a des Communaurez de fa Congrégation & deflervies par de fimples 
Commiflionnaires, a demandé que celles d'entre ces Cures qui eftoient 
deflervies dans les Eglifes conventuellcSjne fuflent point comprifes dans, 
cette Loy , & fi le Roy luy a accordé cette grâce : cela ne regarde eu 
aucune manière les Cures qui ont toujours efté en titres dont il eft 
parlé dans les Letrres patentes de 1679. mais feulement les Cures qui 
n'eltoient point entitre. 

Et quand il eft dit qu'au furplus ladite déclaration de i6$6. fera 
exécutée félon ta forme & teneur, cela ne veut dire autre chofe, iînon 
que toutes les Cures unies à des Communautés, &c qui n eftoient que des 
fimples commillions autres que celles exceptées par l'Arreft du 1. Juillet 
1686. feront à l'avenir deflervies par des titulaires.TellesfontpluficursCu- 
resdependantesdefaint Anthonin,defaint Jean de Côle&: autres, auf- 
quelles depuis ladite déclaration, les Chapitres ont mis des Vicaires per- 
pétuels , au Heu des Vicaires à gages qui y eftoient. Et tout cela (en- 
core une foison a rien de commun avec les Cures régulières , dont il eft 
parlé dans la déclaration de i^.lefquelles ont elré& fontencorede 
véritables titres. 

Lors donc que lefditsFF.Pinfcn& Daneaudifent. Les Lettres de 167*; 
établiflènt des Vicaires amovibles, donc elles lont en cela contraires à 
la déclaration de 16S6 & par confequènt révoquées. Il eft facile deleur 
répondre en leur niant la première propofition, puifqu'il eft certain- 
que les Lettres patentes de 1679. n'établiflcnt point des Vicaires amo- 
vibles ; mais qu'ils prefuppofent &c confervent de vrais titulaires dans 
les Cures, &c quelles ne font que rétablir un genre de vacance , établi 
par le droit commun, à l'égard feulement des Religieux de la Congré- 
gation, qui poilederont ces titres. 

Que s'il ajoute que l'exception qu'on a demandée de quelques Curca 
pour pouvoir continuer à les de Servir en fimples com mi fiions ; établitla 
règle de la perpétuité à l'égard de toutes autres Cures généralement 
quelconques. On luy accordera qu'elle établit la règle delà perpétuité 
a l'égard de toutes les Cures, dont parle la déclaration de 168<>. qui 
eftoient d. s VicairiesamovibIcs>mais non pas généralement à l'égardde 
toutes les Cures régulières qui eftoient auparavant & font encore enti- 
tre , parce que la claufe générale appelée enfuite de l'exception ne 
peut avoir plus d'étendue que' la Loy , à laquelle on a dérogé 
pour un petit nombre de Cures. Et cette Loy qui eft la déclaration de 
16S6. ne s étend qu'aux Cures unies & dont les titres eftoient éteints. 

Pour ce qui eft de tout ce que lefdits Frères Danncau & JPinfon 



7 
ajoutent dans leur Fa£bum des inconveniens de la révocabilité, des 

motifs d'intereft, qu'ils fuppolcnt qu'on a eu de la rétablir , qu'ils ont 
tirez des conftitutions de pafUnbus , des circonftanccs particuliers de 
leur révocation, l'on a fait voir au procès que toutes les conftitu- 
tions faites par la Congrégation pour les Cures , en la partie intitulée 
de faflonbus , n'eftoient que des répétitions de ce qui eft porte dans 
les ConcilcSjdans les règles de laviccommunc des Clercs, dans cellesde 
Godegrand &c du Concile d'Aix la Chapelle , & dans les Conftitutions 
deBenoift XII. qui ont cité loiïablemcnt établies pour empefeherque 
les Curez réguliers ne fuflcntde vrais propriétaires, contre leurs vœux, 
& qu'ils ne rîifcnt un mauvais ufagede leurs revenus, & ne les difîlpafTent, 
de manière qu'ils nefatisfiiîentpaslcs aumônes de lcursparoifTes,&quoy 
que toutes les Cures régulières ayent elle données aux Chapitres ad 
fujlentatwnem Fratrum, comme tous les titres le portent, à condition de 
les faire delTetvîr& d'en acquiter les charges, & qu'ainfî il fuft jufte 
que les aumônes faites, & le Curé honneltemcnt entretenu , le furplus 
fuit employé aux réparations & urgentes ncccihtcz del'Eglife matrice, 
néanmoins il eftinoiïy, & Pinlon&Danncaulc (gavent par leur pro- 
pre expérience , que jamais on n'a exigé ny receu aucune chofe d'un 
Curé régulier. Que lors qu'on les a vifïtcz,& qu'on leur a fait rendre com- 
pte.ils en ont toujours eité quittes pour dire, que l'excédant de leur de- 
penfe avoitefté employé en aumônes , & l'on eft fi peu dans l'efprit de 
vouloir profiter du bien des Curez, qu'au contraire Ton reçoit tous les 
jours gratuitement ceux qui faifandeur devoir viennent dans les maifons 
dontilsdépcndentjpourdes retraites fpirituelles, pour y renouveller leurs 
vœux, allaiter au Chapitre, s'y faire traitter dans leurs infîrmitez Ôc 
maladies, & mêmes dans les grandes villes , pour y folliciter leurs af- 
faires. 

Que cela eftoit d'une connoilTance il publique, qu'il n'eft perfonne 
qui nevît avec indignation les calomnies des Frères Pinlbn & Dan- 
neau, qui ont la témérité d'aceufer leurs Supérieurs & la Congrégation 
d'un \il intereft , ce menfonge odieux eft un échantillon de ces 
extremitez inconcevables, aufquclles ils conviennent eux -mef mes, que 
font capables de fe porter des defobeïflans , que le remords deleurcon- 
feience tourmente, & que leur orgueil defeipere» 

Qe>n pouvoir faire le même jugement , de ce que le même elprit 
leur fan dire du vœu fîmple,quc l'on a fait pendant un temps dans la 
Congrégation, parce que l'on n'eftoit pas encore venu à bouc de re- 
médier aux abus qu'avoit introduit la propriété cV l'indépendance $ 
comme il a depuis plu à fa Majeltédelefaireen fi grande connoiflance 
decaufepar les Lettres patentes de 1679. 

Que n Frère Danneau , qui dit navoir point fait Tes vœux, a re- 
mis plusieurs bénéfices , ce n'a elle que pour en avoir de meilleurs, 
qu'if importunoii fans ccfTe fes Supérieurs de lu y permettre d'ac- 
cepter. 






8 

Qui l'égard de Pinfon, il eft vray qu'il en avoir plaidé plufieurs 
mais, il n'av oit efté paifible d'aucun que deceluy dont il aefté révoqué, 
& que cela ne faifoit lien à la queftion. 

Au refte, Ton veut bien s'épargner la peine de répondre aux inju- 
rieufes déclamations, dans lefquelles s'emportent ces de fobeï (Tans, fans 
modération , fans refpecti mais l'exemple de Frère Coquebert eft faux 
& controuvé, onn'ajamaiseu intention de le révoquer, il eft titulaire 
de fon bénéfice, on eft fatisfait de fa conduite & tres-perfuadé qu'il 
le quuteroit fans peine, fi fon Supérieur jugeoit à propos de l'en re- 
tirer , & que le Sieur Abbé de faine V incent ne le donneroit qu'à une 
perfonne approuvée de fes Supérieurs. 
Il eft bien faux(faufcorrccl:ion)de dire que les CurezReguliers,au moins 
ceux qui font leurdevoir n'ayent aucun fecours de l'Ordre, le con- 
traire eft public, on les conïidere & on les aide toujours entoures af- 
faires juftes , & jamais la protection de leurs Supérieurs ne leur a efté 
refufée, & comme ils ne doivent faire de dettes que pour s'ameubler en 
leur établiftement avec la modeftie & la (implicite que demande leur 
condition, on leur laiiTe en les révoquant tous leurseffets, touteequi 
eft écheu de leurs revenus, pour l'acquit de leurs dettes; quefi Dan- 
neau en a fait de fi grandes pendant cinq 'ans qu'on l'a veu furie 
pavé de Parisplaidant fon Evefque, & même aujourd'huy fon Supé- 
rieur , fans néanmoins pourfuivre fa juftification fur les crimes dont il . 
eftoit aceufé , cela ne le doit pas exemter de la Loy de la revocation , y 
ayant eu necefïitéde le faire, 

Pource qu'il ajoute qu'il a efté pourveu, comme gradué & de tout 
fon mérite, & des emplois qu'il a eu dans 1 Ordre , on a répondu qu'il 
eftoit à la vérité gradué^ mais il n'eftoit pas vray qu'il fufl pourveu 
en vertu de fes grades, & quand cela leroit, il n'en feroit pas moins 
re vocable. Pour fes emplois , -ilfçait bien pourquoy après une feule an- 
née de fuperiorité il a efté dépofé. 

Toutce qu'ils difent descaufesde leur revocation, eft fuppofé &nc 
mérite aucune autre réponfe , & il eft faux que ce foit le fuppliant qui 
aitfollicité l Ordre de fa Majcfté , pour la revocation de Danneau ,1'on 
n'apasbefoin de s'en juftifier auprès de fa Majefté, qui en fçait lave^ 
rite, & Danneau parie contre fa propre confeience en cela au/fi- bien 
qu'en tout ce qu'il dit enfuite, il eft bien vray qu'avant fa revocation 
le Supérieur gênerai le voyant avec peine depuis quatre ans occupé àla 
fbJJicirarion de tous les procès intentez par diverfes perfonnes contre 
le fieur Evefque du. Mans & fes Officiers, négligeant le foin de fa jufti- 
fication , pour fe perpétuer en cet eftat de licence & de liberté, & ne 
voulant pas auifi ufer de fon droit de le révoquer pendant le cours 
de ce proce's, l'avoir fait avertir de s'appliquer ferieufernent à fajuftifi- 
cation qu'il fouhaitoitdetoutfon cœur, cette douceur eft bien éloignée 
du foupçon d'avoir efté d'intelligence avec le Sieur Evefque du Mans, 
pour l'opprimer^ des mauvais traittemens dont il fe plaint in juftemenr. 

Mais 



T" 



• 1 

Mais c'eften vain que Frères Danncau & Pinfon terminent leur Fa- 
ttumparleur apologie, pour engager leur Supérieur en leur répondant 
à rendre raifon des caulcs qui l'ont meuà les révoquer , il furfit qu'à 
legard de Pinfonla caufe en a elte connue à fon Evefque& a ion 
Supérieur, & à l'égard de Danneau qu'elle le ioit aum* à fa Majcfté. 

QueDanneau jultifie fa conduite a la bonne heure, mais que Pinfon 
nedife pas que l'Abbaye de faint Ambroifc de Bourges a formé le 
projet de faire unir la Cure de faint Pierre le marche à fa manfe, on 
n'y a jamais penfé, & cela même eft impoiliblc par pluiicurs raifons 
quine fèroient pasieyen leur lieu. 

Les Lettres circulaires qu'a pris foin décrire Pinfon pour exciter de 
la divifion dans l'Ordre ne font pas de preuves bien concluantes de la 
re&itude de fe$ intentions, & d'un efprit auiïi religieux &auiïi fournis 
à fes Supérieurs qu'il le veut faire croire , & le peu de mefure qu'il a gar- 
dé enles foufenyant, cft untémoignagede fa rébellion & de fon im- 
prudence. 

Monficm $ I Ç N O N Rapporteur. 



M. CHAPONNEL Avocat. 




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